Voici l'article qui est paru jeudi dernier dans la presse Havraise
NON A LOI LOI BACHELOT
Sarkozy parle de régulation. Les actes ce sont des sommes considérables mises à disposition des multinationales, du secteur bancaire et d'autres secteurs, sans aucun contrôle public. Ainsi les dirigeants de Fortis, ceux de Dexia ont fêté l'arrivée de la manne publique par des repas à 150/200 00 euros. Ailleurs, comme à la BNP on peut augmenter les dividendes grâce à l'argent des citoyens.
Les actes, ce sont aussi les réformes de régression sociale qui se poursuivent; dizaines de milliers de suppressions de postes dans la fonction publique, projet de privatisation de la poste,
La sécurité sociale, l'hôpital public, sont particulièrement visés. Le plan de financement de la sécurité sociale et la loi Bachelot hôpital, patients, santé, territoires, marquent une volonté de rupture fondamentale de la sécurité sociale telle que nous la connaissons depuis 1945.
Le respect du pacte de stabilité européen reste l'objectif principal, en tout cas lorsqu'il s'agit de dépenses publiques. Les déficits explosent: il faut donc faire des économies sur le budget de l'état et sur la santé. Il s'agit bien d'un choix idéologique: les exonérations de cotisations sociales atteignent 32 milliards d'euros et croissent toujours. Ce qui n'empêche pas les délocalisations et charrettes de licenciement.
100 000 lits ont déjà été fermés depuis 1992. On continue de fermer hôpitaux et maternités.
Il s'agit de privatiser tout ce qui est rentable. Hôpitaux privés, partenariats public privé, le même patient peut être traité dans le public pour ce qui est déficitaire, puis passer dans le privé pour ce qui est rentable. Les mutuelles et assurances privées sont de plus en plus sollicitées. Elles entrent maintenant dans la gestion de la sécurité sociale. Les cotisations grimpent en flèche chaque année.
Le personnel n'est pas épargné: il manque du personnel dans les hôpitaux, mais 20 000 postes risquent d'être supprimés. La gouvernance doit être complètement modifiée, placée de fait sous la tutelle de préfets de régions et de managers, chargés avant tout de respecter des budgets insuffisants. C'est un recul démocratique.
Les citoyens auront de plus en plus de mal à se soigner: par le coût franchises, déremboursement, dépassements d'honoraire se multiplient. Par la distance; il faut aller se faire traiter de plus en plus loin. Ou plus du tout: les personnes âgées ou handicapées tendent à être remises à leur famille.
Les attentes pour obtenir des rendez-vous s'allongent à moins de payer des sommes prohibitives Faute de place dans les hôpitaux psychiatriques, ont met les patients en prison. Ils représentent maintenant pratiquement la moitié des détenus. Il ne faut pas s'étonner des suicides ou assassinats.
La France était classée 1er pour son système de soins. Elle recule rapidement.
Derrière des formulations lénifiantes, le projet de loi Bachelot est inacceptable.
C'est l'américanisation de notre système de soins. Comme aux États-Unis qui veulent le réformer il coûtera au total plus cher et sera de plus en plus inégalitaire, de moins en moins efficace
Dominique Mutel